Intensification de la charge de travail : les conséquences

  • MEF

Vous nous l’avez clairement exprimé : l’intensification de la charge de travail, liée aux suppressions ou vacances de postes, à toujours plus de nouvelles missions et à un volume croissant de dossiers, détériore vos conditions de vie au travail.

Pour la majorité d’entre vous, la surcharge a des répercussions quotidiennes :

  • Impact sur la santé,
  • Travail en dehors des heures normales,
  • Baisse de la qualité des rendus,
  • Non-respect des échéances.

L’intensification de la charge de travail contribue à dégrader vos conditions de travail

Si un répondant sur cinq arrive à gérer la surcharge de travail, pour la grande majorité d’entre vous elle a des répercussions au quotidien.

Les conséquences de cette intensification varient selon les profils. Voici les principaux constats :

  • Selon l’âge : 
    Les moins de 30 ans qui ont une certaine expérience sur leur poste (3 ans) et les 41-50 ans avancent en premier lieu un impact sur leur santé (respectivement 30 % et 21%). Seuls 17% des 31-40 ans déclarent arriver à absorber la charge. Dans la même tranche d’âge, ils sont 28% à reconnaître une baisse de qualité dans leurs rendus par manque de temps.
  • Selon la filière
    25% des répondants de la filière technique déclarent une répercussion sur leur santé.
  • Selon la catégorie : 
    31% des agents de catégorie C dénoncent un impact sur leur santé.
  • Selon les responsabilités : 
    36% des encadrants supérieurs et 35% des femmes encadrantes de proximité indiquent devoir travailler sur leur temps personnel.
  • Selon le genre : 
    Les femmes sont nettement plus nombreuses à travailler en dehors des heures habituelles de travail (23 % contre 14% des hommes), la proportion s’inverse sur la difficulté à gérer les échéances (14% des femmes, 21% des hommes).

Vos retours montrent également des disparités selon les services :

  • CGEFI et DAJ : 30 % des agents déclarent devoir travailler en dehors des heures normales,
  • DAE et SNUM : respectivement 30% et 27% déclarent un manque de temps pour rendre un travail de qualité
  • DGAFP, IGPDE, SIRCOM : respectivement 29 %, 27 % et 25 % signalent un impact sur leur santé.

Travail en dehors des heures habituelles : une réalité généralisée

85 % des agents déclarent travailler en dehors de leurs horaires, non par choix, mais par nécessité. Cette pratique présentée comme une décision personnelle, résulte en réalité de la pression des attentes : respecter les délais, absorber la charge, ou encore "faire comme les autres".

Un impact alarmant sur la santé

20% des personnes qui se sont exprimées mentionnent un impact fort de la pression de la charge de travail sur leur santé.

C’est encore plus marqué chez :

  • les jeunes de moins de 30 ans en poste depuis 3 ans et plus (30%),
  • les agents de catégorie C (31%),
  • 25% des répondants de la filière technique,
  • 26% des agents de catégorie B (jusqu’à 33% à la DAJ et 50% à la DAE).

L’analyse de la CFDT

Les constats sont alarmants : l’intensification globale de la charge dégrade les conditions de vie au travail pour 80 % d’entre vous avec un impact sur votre santé.

La pression induite peut générer un sentiment d’échec si les rendus ne sont pas au niveau ou si les échéances ne sont pas respectées.

L’équilibre vie privée vie professionnelle n’est plus assuré dès lors qu’il y a nécessité de compenser le manque de temps en travaillant le soir, la nuit, le week-end ou pendant ses congés. Le risque d’épuisement est réel.

Nos propositions

Soutenabilité du travail :

  • Des outils de mesure de la charge de travail et la charge mentale pour chaque agent,
  • Une revue continue des missions à l’échelle de chaque collectif de travail : lors de l’attribution de nouvelles missions, interroger les missions à maintenir, à alléger ou à abandonner,
  • Des priorisations clairement définies et des échéances anticipées.
  • Un nombre de postes en adéquation avec la charge de travail,

Organisation du travail :

  • Des lieux d’échanges permettant aux agents de s’exprimer sur leur travail réel et de pouvoir agir sur les conditions d’exercice de leur travail,
  • Le respect de la conciliation des temps de vie personnelle et de vie professionnelle,
  • Un droit effectif à la déconnexion : réduction du volume de courriels, instauration de plages sans réunions (sur la pause méridienne, après 18 heures), déconnexion des serveurs messagerie en soirée et le week-end et fixation d’objectifs de déconnexion aux responsables.
  • Managers de proximité : mettre en place un accompagnement et un soutien spécifiques pour leur permettre d’assurer leur mission d’organisation du travail.

La CFDT rappelle qu’en matière de santé, sécurité et de conditions de travail, la responsabilité de l’employeur est pleine et entière pour supprimer les risques liés à la charge de travail.

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