Handicap à Bercy : pour 36 % des agents concernés le constat est déplorable
Au 31 décembre 2024, l’administration centrale de Bercy comptait 3,1% d’agents déclarés en situation de handicap, soit 225 personnes. 80 d’entre eux (36%) ont répondu à notre enquête.
Des écarts qui interrogent dans le profil des répondants
(en %, chiffres
au 31/12/2024)
Ensemble
des répondants
RQTH
Ensemble
des agents
de centrale
Femmes
70 %
54 %
Hommes
30 %
46 %
Cat. A+
3 %
22 %
Cat. A
54 %
48 %
Cat. B
37 %
21 %
Cat. C
6 %
9 %
Contractuels CDD
3 %
9 %
Contractuels CDI
6 %
21 %
Fonctionnaires
91 %
70 %
Les réponses font apparaître une surreprésentation des agents de catégorie B et une sous-représentation des contractuels.
23% des répondants à notre enquête sont managers, mais seulement 17% parmi nos collègues RQTH.
82 % des répondants en situation de handicap occupent leur poste depuis plus de 3 ans (70% en moyenne), dont 52 % depuis plus de 6 ans (41 % en moyenne).
👉 Conclusion : Les agents en situation de handicap rencontrent manifestement plus de freins à la mobilité lorsqu’ilset à l’accès aux postes à responsabilité.
Une forte intensification de la charge de travail
64 % des agents en situation de handicap déclarent une intensification significative de leur charge de travail (contre 53 % pour la moyenne des répondants).
🔸 Causes principales :
- Vacances ou suppression de postes (38 %)
- Nouvelles missions attribuées à la structure (35 %)
- Augmentation du volume de dossiers (27 %)
🔸 Conséquences :
- 27,4 % des agents subissent un impact direct sur leur santé.
- 25 % sont contraints de travailler en dehors de leurs horaires pour respecter les délais ou compenser la surcharge.
👉 Conclusion : La prise en compte du handicap n’est pas effective dans l’adaptation des postes.
Un dysfonctionnement des collectifs de travail
Si la moitié des répondants à notre enquête, qu’ils soient en situation de handicap ou non, constatent des problèmes organisationnels, des difficultés spécifiques sont exprimées par nos collègues RQTH :
- Pour l’ensemble des répondants, le problème majeur est un manque de clarté sur « qui fait quoi ».
- Pour les agents en situation de handicap, ce sont le manque de communication et une circulation défaillante de l’information qui sont pointés du doigt.
👉 Conclusion : l’inclusion des agents en situation de handicap dans les collectifs de travail n’apparait pas satisfaisante
Des agents plus exposés à des conditions de travail dégradées
Près d’un agent en situation de handicap sur deux déclare avoir été victime de comportements inappropriés :
- 35 % ont subi des discriminations.
- 35 % ont subi des pressions morales.
- 17 % ont été confrontés à des tentatives d’intimidation.
⚠️ Origine des agissements : 75 % des situations proviennent de la hiérarchie.
🔸 Un signalement rare et peu satisfaisant :
- 58 % des agents concernés n’ont pas signalé ces agissements, par crainte d’aggraver la situation, de représailles ou par manque de preuves.
- Parmi ceux qui ont signalé, la majorité l’a fait auprès de la hiérarchie (26 %) ou du médecin de prévention (23 %).
- Deux tiers ne sont pas satisfaits des résultats :
- 62 % : Aucune mesure prise.
- 31 % : Mesures partielles.
- 7 % : Ne savent pas.
Ce que demande la CFDT : des actes et des résultats
3 % de taux d’agents en situation de handicap en administration centrale, c’est insuffisant ! La fonction publique et le ministère se félicitent de dépasser le taux de 6 % au global, mais en administration centrale Bercy doit faire mieux.
Il est temps d’agir pour :
1. Lutter contre les discriminations : Tolérance zéro !
- Faire cesser immédiatement les discriminations et les pressions que subissent les agents en situation de handicap.
- Protéger les agents qui signalent des agissements
- Sanctionner les comportements inacceptables, quel que soit le niveau hiérarchique
- Mettre en place des sensibilisations obligatoires pour tous à toutes les formes de handicap
2. Garantir un déroulement de carrière
- Un véritable recrutement inclusif pour tous et à tous les niveaux
- Des parcours de carrières réels et un accès à la mobilité :
- Assurer un suivi individuel de la carrière des agents
- Promouvoir directement auprès d’eux le dispositif Handi’Talent et en faciliter l’accès pour les agents qui souhaitent progresser dans leur carrière
- Systématiser la titularisation des agents contractuels RQTH sur des postes pérennes (art L352-4 du CGFP)
- S’engager à recruter des apprentis en situation de handicap issus d’universités / grandes écoles, en lien avec les missions handicap de ces écoles & forums de recrutements
3. Repenser l’organisation du travail : une inclusion réelle et globale
L’inclusion ne doit pas être qu’un slogan (« Bercy Inclusif »). Il faut repenser le travail de manière humaine et durable pour tous.
- Prévoir une installation physique adaptée n’est pas suffisant : il faut garantir une intégration réelle dans le collectif de travail
- Adapter les méthodes de travail et les modes de communication
- Garantir la protection de la santé des agents en situation de handicap dans l’exercice de leurs fonctions
- Créer en administration centrale, en lien avec les représentants des personnels, un comité d’agents RQTH volontaires afin de proposer des axes d’améliorations des conditions de travail et de vie au travail
La CFDT rappelle qu’en matière de santé, sécurité et de conditions de travail, la responsabilité de l’employeur est pleine et entière pour supprimer les risques.