Fortes chaleurs : ce que veut la CFDT

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La chaleur, un risque professionnel à part entière.

Personne n'imaginerait demander à un agent de travailler sans protection à côté d'un produit toxique. Face à la chaleur extrême, pourtant, c'est exactement ce qu'on continue de faire. Fatigue accrue, déshydratation, troubles de la concentration et de la vigilance, hausse des accidents du travail, dégradation générale des conditions de travail : les fortes chaleurs ne sont pas un inconfort passager. Elles sont un risque professionnel, au même titre que les autres. 

Nos corps ne sont pas des variables d'ajustement.

Le prix du déni

On nous oppose souvent le « coût » pour botter en touche sur la prévention. 

Regardons les chiffres en face ce sont eux qui devraient inquiéter l'employeur, pas l'inverse :

  • 22 à 37 milliards d'euros. C'est l'impact sanitaire des vagues de chaleur évalué par Santé publique France sur la seule période 2015-2020, dont 31 millions d'euros de recours aux soins supplémentaires.
  • Jusqu'à 0,3 point de PIB : c'est ce sui est perdu en France à cause des vagues de chaleur (étude Allianz).
  • Une journée à plus de 32°C impacte de 40 % la productivité. À 38°C, c'est jusqu'à deux tiers en moins (étude Allianz).
  • À l'échelle mondiale, l'OIT estime que 2,2 % des heures de travail pourraient disparaître d'ici 2030 soit l'équivalent de 80 millions d'emplois.

Ces chiffres ne sont pas une abstraction de rapport. Ce sont des arrêts maladie, des services qui tournent au ralenti, des agents qui s'épuisent.

La prévention ne se délègue pas

« Buvez de l'eau. » « Restez au frais » « Adaptez votre rythme. » Ce sont les éléments de langage qu'on nous oppose chaque été. 

La CFDT Finances le dit sans détour : ce glissement n'est pas anodin. L'employeur transfère progressivement sa responsabilité vers les agents, en renvoyant à des consignes individuelles ce qui relève d'une obligation collective. La chaleur n'est pas une question de bonne volonté personnelle. C'est une question d'organisation du travail et ce n'est pas aux agents de la faire.

Des moyens qui ne suivent pas

Entre les bâtiments mal isolés, les salles vitrées qui se transforment en serres, l'absence d'équipements adaptés et des plans d'action inexistants ou jamais activés, la prévention reste le parent pauvre. 

Pour la CFDT Finances, ces dépenses ne sont pas un luxe qu'on rogne à la première occasion. Ce sont des investissements tant pour la santé des agents, la continuité du service public et l'avenir de nos bâtiments.

Ce que la CFDT exige

  • Investir

    Investir réellement dans des bâtiments et équipements écoresponsables

  • Aménager

    Aménager les horaires de travail et ouvrir le télétravail exceptionnel dès le déclenchement des alertes

  • Articuler

    Articuler les mesures avec celles prises par l'Éducation nationale pour ne pas prendre les agents-parents en étau

  • Anticiper

    Mettre en place de vrais protocoles « fortes chaleurs » : écrits, anticipés, connus de tous

  • Renforcer

    Renforcer le dialogue social, en particulier au niveau local, avec des formations spécialisées pour les acteurs de la prévention

La chaleur est un risque durable.

Ce n'est pas aux agents de s'adapter seuls. C'est à l'employeur d'organiser le travail pour les protéger.

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