Agir avant qu'il ne soit trop tard
Chacun aura pu en faire l’expérience, l’été 2022 restera, au même titre que 1976 ou 2003 en métropole, dans les records des relevés de température de Météo France[1]. Nous aurons ainsi traversé trois canicules importantes dans la durée et en intensité. Si la prise de conscience sur la nécessité d'une transition écologie aura progressé, la question reste posée sur son urgence, son efficacité, son accompagnement social et notre obligation d'agir à tous les niveaux.
L'été a été chaud
A Marseille, la température a été supérieure à 25 degrés pendant 113 jours (ancien record 102 jours en 2018). A Strasbourg, c’est 50 jours (précédent record 33 jours en 1976 et 2003).
De la Côte d'Azur à St Malo
De nombreux records de température sont tombés : 39,3°C en juillet à Brest et 40,4°C à Dieppe...
Des conséquences importantes sur l’environnement...
Météo-France attribue ces canicules à une situation anticyclonique exceptionnelle et à l’influence à la hausse de la température de la mer Méditerranée de 4 à 5 degrés. Les conséquences sur la flore et la faune aquatique sont importantes et menacent directement les écosystèmes marins.
La chaleur et l’absence de pluies ont favorisé la sécheresse sur la quasi-totalité du pays, augmentant de facto le risque d’incendie. 62000 hectares ont été détruits, contre une moyenne de 8500 ha à ce moment de l’année.
... ainsi que sur l’économie et les finances publiques
Les baisses de rendement des récoltes (-20% estimés pour la pomme de terre par exemple) vont conduire à réduire nos exportations, à renchérir le coût des fruits et légumes et au déblocage d’aides pour les agriculteurs.
Combinée au spectaculaire renchérissement du coût de l’énergie, les crises climatique et énergétique appellent à une transition écologique rapide et juste socialement.
Agir au ministère de l'Economie et des Finances
La conférence salariale de juin 2022 entre le gouvernement et les organisations syndicales de la Fonction publique a permis quelques avancées au niveau environnemental et a répondu à certaines revendications portées par la CFDT, comme :
- Assouplissement et élargissement du forfait mobilité durable (fin du seuil de 100 jours minimum)
- Possibilité de cumuler le forfait mobilité durable avec le remboursement partiel des abonnements de transports collectifs.
Les agents du ministère des Finances ont reçu le 25 août un message du secrétariat général leur rappelant les « bonnes pratiques » à adopter pour réduire les consommations énergétiques et l’impact carbone du Ministère. L’objectif est de réduire de 10 % la consommation d’énergie du Ministère en deux ans[2]. Pour la CFDT Finances, rappeler les bonnes pratiques à adopter aux quotidiens va certes dans le bon sens. Mais elles ne suffiront pas pour atteindre l’objectif de réduction de 10 %.
Bercy vert ne doit pas se restreindre à un verdissement des actions individuelles. Il faut engager des actions aux impacts plus importants, cohérentes et coordonnées dans les différents domaines pouvant atténuer la crise écologique (rénovation des bâtiments, modifications des conditions et de l’organisation du travail, déplacements, équipement...).
Les propositions de la CFDT Finances
Mobilités durables
- Etablissement d’un plan de mobilités durables pour chaque site (et au minimum ceux regroupant 50 agents et plus) : mise à disposition de vélos en accès libre, développement d’une solution de covoiturage, recherche d’une amélioration de la desserte du site en transports en commun...
- Revalorisation du forfait « mobilités durables » (covoiturage, vélo) de 200 € à 800 € annuels comme dans le privé
Transports en commun
- Remboursement à 100% de l’abonnement de transports en commun par l’employeur
Travail à distance
- Développement du télétravail pour les agents éloignés de leur résidence administrative lorsque cela est possible
- Participation aux réunions professionnelles par visioconférence pour les agents volontaires
Véhicules
- Parcs de véhicules électriques et hybrides à disposition des agents pour les déplacements professionnels
- Mise à la disposition des agents de bornes de recharge pour leurs véhicules électriques/hybrides personnels
Économies d’énergie
- Rénovation énergétique performante en priorisant les bâtiments administratifs qualifiés de « passoires énergétiques »
- Plan de sobriété numérique (équipements numériques durables, limitation du poids et des parcours des données...). La sobriété doit être pensée dès l’élaboration des projets numériques et les agents doivent y être formés.
Dialogue social
- Association des organisations syndicales et des agents à la définition d’indicateurs et d’objectifs permettant de concrétiser et de suivre de manière transparente une politique d’achat ministérielle responsable (au niveau de l’environnement, des droits humains, des droits des travailleurs...)
- Mise en place obligatoire d’une commission « environnement » au sein des futurs comités sociaux d’administration (CSA) issus des élections professionnelles de décembre 2022 et une formation obligatoire des membres des CSA aux enjeux environnementaux
- Etablissement d’un bilan environnemental ministériel annuel synthétisant l’impact des activités sur l’environnement (émissions de gaz à effet de serre, prévention et gestion de la production de déchets, consommations d’eau, d’énergie et de matières premières, plans de mobilités, impact environnemental des restructurations, utilisation des sols, actions menées pour diminuer son impact environnemental...)
La consommation finale énergétique s'élève à 1492 TWh en France en 2020, dont 492 TWh de Gaz.
L'objectif de 10% de réduction de la consommation d'énergie pour les administrations représente :
-1,8 TWh) pour le gaz
et -1,5 Twh pour l'électricité
(Source Ministère de la Transition Energétique)
1 Téra = 1000 milliards
[1] https://meteofrance.com/actualites-et-dossiers/actualites/changement-climatique-lete-2022-et-ses-extremes-meteorologiques
[2] https://www.legifrance.gouv.fr/download/pdf/circ?id=45355