La DGFiP en crise: quand l’austérité et l’improvisation fragilisent le service public

  • Réseau de la DGFiP
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Lors du dernier Comité Social d’Administration de Réseau (CSAR), les débats ont révélé une DGFiP sous tension, confrontée à des défis majeurs qui fragilisent son fonctionnement et le moral de ses agents. Parmi les sujets brûlants : les réformes imposées sans concertation, comme la déconcentration des actes de gestion, l’incertitude pesant sur 250 agents de la Caisse des Dépôts ou encore la facturation électronique, perçue comme mal préparée et mal accompagnée.

La gestion de la crise Hélios, qui a paralysé les services pendant plusieurs jours, a également été au cœur des échanges. Malgré la mobilisation exceptionnelle des équipes pour rétablir le système, les réponses de la direction restent floues sur la reconnaissance des efforts fournis et les mesures pour éviter une nouvelle crise.

 

Minsitère de l'économie et des finances

Les conditions de travail se dégradent, avec des pratiques managériales parfois brutales, des restrictions budgétaires sur les déplacements et surtout l’absence de reconnaissance des heures supplémentaires réalisées pendant la crise Hélios. La lutte contre la fraude, marquée par un recours croissant au datamining et un manque de transparence sur les effectifs, interroge également sur son efficacité réelle.

Enfin, le dialogue social, essentiel à l’approche des élections professionnelles de 2026, a été peu évoqué, laissant les agents sans visibilité sur leur rôle dans les orientations futures de la DGFiP. Face à ces enjeux, l’alliance CFDT-CFTC réclame des réponses claires et des engagements concrets pour préserver un service public de qualité et des conditions de travail dignes. L'alliance CFDT-CFTC a rappelé que les agents ne peuvent plus être les variables d’ajustement d’une politique d’austérité. Il est temps d’agir pour leur reconnaissance et leur bien-être.

Ce que nous a dit la Directrice Générale

La directrice générale a reconnu les difficultés rencontrées par la DGFiP, notamment lors de la crise Hélios, saluant la mobilisation exceptionnelle des agents pour rétablir le système. Concernant les heures supplémentaires réalisées pendant cette crise, elle a indiqué que les heures supplémentaires « n’étaient pas un sujet tabou » et évoqué un examen "au cas par cas", sans s’engager sur une reconnaissance systématique. Sur les réformes en cours, comme la déconcentration des actes de gestion ou la facturation électronique, elle a réaffirmé leur nécessité tout en promettant un accompagnement renforcé, sans pour autant préciser les modalités concrètes.

S’agissant du contrôle fiscal, la Directrice générale a indiqué que le datamining n’était pas « l’alpha et l’oméga » du contrôle. Si lors de son lancement, l’ objectif d’atteindre 50 % de contrôle ciblés à partir du datamining, elle considérait maintenant que celui-ci devait revenir à sa juste place là où il trouve sa pertinence.

La directrice générale a également insisté sur la modernisation des infrastructures et la sécurité informatique, avec une mise à jour du schéma directeur du numérique prévue pour 2028. Enfin, elle a abordé la démarche stratégique pour 2027, axée sur la définition des missions et valeurs de la DGFiP, mais sans calendrier précis ni détails sur l’association des agents à ce processus. "Nous comptons sur vos contributions", a-t-elle déclaré.

Pour autant et alors que les élections professionnelles vont occuper l’année 2026, peu de réponses ont été apportées au sujet des conditions de travail, laissant les agents sans réponses claires sur leurs revendications majeures.

Pour aller plus loin

Déclaration liminaire CFDT-CFTC

  • Déclaration liminaire CSAR

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