Période glaciaire pour les frais de déplacements
Etat des Finances publiques oblige, la cure d’austérité se poursuit pour la DGFIP : une nouvelle note intime aux directions de diminuer de 10 à 20% leurs frais de déplacement en 2026. Sans surprise, ces coups de rabots auront un effet délétère sur les agents et leurs missions.
Au pain sec et à l’eau
Une note de service énumère 3 leviers d’actions afin de diminuer de 10 à 20% les frais de déplacement :
- Diminuer leur nombre notamment pour les agents itinérants
- Privilégier les transports collectifs
- Appliquer strictement la doctrine en matière de remboursement
Des départements archipellisés à la suite du NRP
Avec un maillage territorial qui ne sort plus guère des préfectures et sous-préfectures, les implantations de la DGFIP se sont éloignées les unes des autres. Le besoin de contact avec l’usager et d’échange entre services n’a pas disparu lui en revanche.
Mails, échanges téléphoniques ou visioconférences ne suffisent pas à créer les collectifs que nos missions requièrent au quotidien. Un service de gestion comptable ne travaille pas en vase clos et ses interactions dépassent les seuls contacts avec les services de direction et les Conseillers aux Décideurs Locaux. Cette réalité est celle de tous les services de la DGFIP.
Demain, des vérificateurs et huissiers assignés à résidence ?
En suggérant de cantonner plus avant les vérificateurs dans des tâches télétravaillées ou de faire en sorte que les vérificateurs interviennent au plus près de leur domicile, cette doctrine des frais de déplacement vide un peu plus de son sens cette mission de contrôle.
La réalité du terrain, de l’activité est une partie intégrante et non négociable du métier de vérificateur
A terme, cette mesure porte en elle le risque de ne cibler que des vérifications urbaines, créant de facto des zones de non droit fiscal.
Quant aux huissiers, les déplacements sont consubstantiels de leur métier. En les cantonnant à la maison ou au bureau, la DGFIP ouvre un peu plus la porte au recours à des prestataires externes soit un coût exorbitant pour notre administration, bien plus que les frais de déplacements nécessaires aux huissiers.
Des collègues moins bien formés
Dans la note, les formations en distanciel sont clairement mises en avant. Or rien ne vaut une interaction directe avec un pédagogue pour mieux appréhender les problèmes complexes. De même un formateur a besoin d’un retour visuel sur ses stagiaires pour adapter sa formation.
Des journées dépassant les limites du code général de la fonction publique
Pour économiser des nuitées d’hôtels, faudra-t-il que les directions imposent aux agents de prendre un train à 6 heures le matin pour un retour à 22 heures, comme certaines directions ont déjà osé le faire ?
La CFDT Finances Publiques exige que :
- les déplacements n’excèdent pas de manière disproportionnée le temps de travail quotidien
- à défaut, les agents puissent rattraper le temps passé dans les transports
- la sécurité des agents soit assurée
- le respect d'un équilibre vie personnelle/vie professionnelle
Des services informatiques éclatés, une communication en panne
Alors que les services informatiques sont répartis partout en France et interdépendants, la communication entre eux s’avère de plus en plus chaotique. La limitation des frais de déplacement n’est pas de nature à améliorer les choses. Les agents des différents établissements ne se connaissent plus, impactant la réalisation et la résolution de nos problèmes informatiques.
Du télétravail sur 3 jours ...mais pour les EDR seulement
Toujours dans un souci de faire des économies, il est préconisé de proposer aux équipes départementales de renfort (EDR) de faire 3 jours de télétravail. Ces 3 mêmes jours qui sont refusés aux agents dans la majorité des services : notons ici le double discours de notre administration.
La CFDT Finances Publiques exige une négociation sur le télétravail à la DGFiP afin que des règles claires soient définies.

Pour la CFDT Finances Publiques, les déplacements sont inhérents à l’exercice des missions de nombreux agents et au bon fonctionnement de notre administration. Les objectifs fixés de réduction des frais portent en eux le risque d’une dégradation des conditions de travail et d'une opposition zones urbaines / zones rurales.