Tract Ega Pro
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L'égalité professionnelle dans les ministères économiques et financiers reste marquée par des inégalités salariales et une sous-représentation des femmes dans les postes de direction. Un accord ministériel signé en 2025 vise à renforcer les mesures concrètes pour lutter contre ces inégalités. Mais la volonté politique doit suivre.
En septembre 2025, la CFDT Finances signe l’accord ministériel sur l'égalité professionnelle. Cet accord majoritaire signé par la CFDT -CFTC Finances, Solidaires Finances et l’UNSA-CGC Finances acte des avancées concrètes portées par la CFDT :
La prise en compte des freins aux carrières des femmes,
Les formations à la lutte contre les violences sexistes et sexuelles au travail (VSST),
Le déploiement d'un violentomètre,
La création d'un Observatoire des VSST.
Malgré une avancée certaine, les données officielles sont sans ambiguïté : les inégalités structurelles persistent. La CFDT exige des mesures concrètes, mesurables et contraignantes.
Le MEF publie un index d'égalité professionnelle à 87 sur 100. Un résultat au-dessus du seuil de 75 points fixé par la loi du 19 juillet 2023 sur l'accès des femmes aux responsabilités dans la fonction publique. Sur le papier, c'est encourageant. Dans la réalité sur les bulletins de paie et pour l’avancement, c'est insuffisant.
Le chiffre qui dit tout : en 2024, dans les ministères économiques et financiers,les femmes perçoivent en moyenne 398 euros bruts de moins que leurs collègues masculins chaque mois, soit un écart de -9,77 %.
À temps de travail égal, l'écart reste de -7,50 %. Même à métier, avancement et temps de travail strictement équivalents, il subsiste un écart inexpliqué de -2,27 points. Un écart structurel, qui n'a pratiquement pas bougé en dix ans à métier équivalent.
Ces écarts ne sont pas le fruit du hasard. Ils révèlent un mécanisme de ségrégation des corps bien identifié : les femmes sont surreprésentées dans les corps aux rémunérations inférieures à la moyenne et sous-représentées dans ceux qui paient mieux.
Les femmes représentent 54,40 % des fonctionnaires du ministère. Elles sont pourtant sous-représentées dans les emplois les mieux rémunérés et les plus prestigieux.
La composition du plafond de verre :
des processus de sélection opaques,
des critères informels masculins,
des réseaux fermés,
des décisions discrétionnaires,
une pénalisation de la maternité,
des stéréotypes de leadership.

Peut vraiment mieux faire !
La loi du 19 juillet 2023 fixe une obligation de 50 % de primo-nominations féminines aux emplois supérieurs et de direction.
Les données consolidées pour l'ensemble de la Fonction Publique d’Etat (FPE) montrent que ce taux était de 43 % en 2023 , un chiffre en progression depuis 2013, mais encore en deçà de l'objectif légal.
Cet objectif n'est pas une option. C'est une obligation. Aux MEF, ce taux descend à 38,20 %.

une féminisation encore insuffisante des métiers et fonctions les mieux rémunérés.
Il est temps que les diagnostics débouchent sur des actes.
- 9,77 % Écart de rémunération femmes/hommes (2024) brut mensuel soit 398 € de moins par mois
- 7,50 % Écart à temps de travail égal (2024)
38,20 % De primo-nominations féminines aux emplois supérieurs (2024) - Objectif légal : 50 % (loi du 19 juillet 2023)
La CFDT Finances ne demande pas des symboles. Elle demande des résultats.
L’égalité réelle des droits et des salaires est un droit et une exigence. La CFDT Finances continuera à agir en ce sens.