Transition environnementale à la DGFiP : la CFDT dit oui à l'ambition, non aux conditions de travail dégradées
Les 5 février et 7 mai 2026, la CFDT a participé à deux groupes de travail consacrés à l'écoresponsabilité et au plan de transition environnementale 2026-2028 de la DGFiP. L'occasion pour notre organisation de saluer des avancées réelles, tout en portant des exigences claires sur ce que cette transition ne doit pas coûter aux agents.
Un bilan 2019-2024 à saluer mais une cible 2028 qui manque d’ambition
Reconnaissons-le : la DGFiP a fourni un travail sérieux. Le bilan des émissions de gaz à effet de serre (BEGES), même imparfait, permet de mesurer le chemin parcouru — près de 37 800 tonnes équivalent carbone évitées en cinq ans — et celui qui reste à accomplir, soit environ 320 000 tonnes. Le plan de transition 2026-2028, structuré autour de 194 mesures concrètes, témoigne quant à lui d'une réelle volonté d'agir.
Pour autant, la CFDT s'interroge sur l'ambition affichée. L'objectif de réduction de 24 % des émissions d'ici 2028 ne dépasse que de 2 points celui fixé par le gouvernement Attal en mars 2024. C'est tendanciellement moins que ce qu'a déjà réalisé la DGFiP lors du précédent plan.
Ce manque d'ambition ne relève pas d'un excès de prudence : il traduit, selon nous, une insuffisance criante de crédits budgétaires et une diminution continue des effectifs capables de porter cette transition sur le terrain.
Les achats, une incohérence qui saute aux yeux
L'exemple le plus frappant de cette contradiction se trouve dans le traitement des achats. La DGFiP s'est fixée pour objectif de réduire l'impact environnemental de ses achats, premier poste d'émissions de GES, tout en décidant de les exclure du BEGES au motif d'incertitudes méthodologiques.
Comment vouloir correctement réduire ce que l'on refuse de comptabiliser ? La CFDT juge cette position incohérente et regrette que ce débat ait été tranché sans suffisamment de dialogue social.
La transition ne peut pas se faire sur le dos des agents
C'est le message central que la CFDT a porté lors de ces deux séances. Baisser les températures dans les locaux, supprimer l'eau chaude dans les sanitaires, restreindre les déplacements professionnels : ces mesures ont été prises sans explication ni concertation préalable avec les agents et leurs représentants. Présentées comme des gestes écoresponsables, elles ont été vécues par de nombreux collègues comme punitives et surtout comme une dégradation de leurs conditions de travail.
La CFDT a rappelé qu’en 2024, déjà, les crispations dans les services étaient liées aux décisions imposées sans dialogue social.
La transition écologique doit s'accompagner, pas se subir. À ce titre, nous demandons un portage politique fort et lisible de la directrice générale et une véritable négociation sur les leviers d’une transition environnementale qui incluent une réflexion sur l'organisation du travail, à commencer par le télétravail et le développement des tiers-lieux. Ces derniers constituent, à nos yeux, l'un des leviers les plus efficaces pour réduire l’impact des déplacements domicile-travail en matière d’émission de GES sans sacrifier ni les collectifs de travail ni les conditions d’exercice des missions.

Cités administratives, des CVT dépendantes du Préfet
Ce portage est d'autant plus nécessaire qu'il permettra de remporter des arbitrages à l'interministériel. Tributaire des préfets pour la rénovation de ses locaux en cités administratives, la DGFiP n'a pas toujours le dernier mot en matière d'adaptation thermique des bâtiments. Plus forte et plus cohérente en matière de transition, sa voix portera d'autant plus.
Ce que la CFDT exige concrètement
La CFDT demande la communication intégrale des résultats de l'observatoire interne, notamment sur la question de la perception des agents concernant les mesures écoresponsables de leur direction.
Elle a demandé et obtenu l’ouverture des bornes de recharge aux agents disposant de véhicules électriques.
Elle demande de la souplesse sur les marges de manœuvre financières réelles laissées aux directions locales en matière bâtimentaire.
Elle appelle enfin à une réflexion sérieuse sur la bascule progressive vers des systèmes informatiques moins gourmands en renouvellements matériels, comme Linux, à l'image des expérimentations déjà conduites par la Gendarmerie nationale ou actuellement à la DINUM.
La transition environnementale est nécessaire, la DGFIP en a conscience et a un plan. Mais celle-ci ne réussira qu'avec un portage politique fort et volontariste et surtout avec l’implication de tous les agents. Le dialogue social environnemental à de l’avenir. A bon entendeur.