SIGNALFIP - bilan 2025
Le bilan des signalements en 2025 révèle une réalité difficile à ignorer : la violence au travail explose et les agents sont de plus en plus exposés.
Avec une hausse globale de plus de 20 % et une flambée des signalements internes, les chiffres confirment les tensions.
Ces données dressent un constat sans ambiguïté : l’urgence est désormais de renforcer la prévention et d’assurer une protection réelle.
Le nombre de signalements 2025 confirme une situation alarmante
La dématérialisation complète des signalements à compter de 2025 consolide les données SIGNALFIP. Les chiffres sont sans appel : la violence au travail progresse, et les agents sont de plus en plus exposés.
La hausse globale de plus de 20 % des signalements traduit un durcissement réel des conditions d’exercice, que nous dénonçons depuis des années.
Explosion des incidents internes : un signal rouge vif
Le chiffre le plus frappant est sans conteste l’augmentation spectaculaire des incidents internes : +106 % en un an.
Ce bond confirme ce que beaucoup d’agents vivent au quotidien :
· tensions accrues dans les collectifs de travail
· pressions hiérarchiques
· difficultés organisationnelles
· dégradation du climat professionnel
Pour autant nous regrettons l’absence d’outil permettant d’identifier précisément la nature de ces incidents internes. Dans ces conditions, l’analyse reste limitée et rend difficile, pour les représentants des personnels nationaux, de suivre la prise en charge réelle des situations.
Les services d’accueil toujours en première ligne
Sur les 3 412 incidents recensés, les services les plus exposés restent les mêmes : SIP, SGC, trésoreries.
Les agents en contact direct avec le public continuent de payer le prix fort :
· menaces
· agressions verbales
· insultes en hausse constante
Notre alliance n’est pas surprise et ces chiffres ne font que renforcer notre constat : depuis des années, nous alertons sur les conséquences de la réduction des effectifs, de la fermeture de services et de la complexification des démarches pour les usagers. Ces choix, souvent politiques, fragilisent les agents et dégradent leurs conditions de travail.
96 % des incidents ont lieu dans les locaux de l’administration
La quasi-totalité des incidents se déroule dans les bureaux ou à l’accueil.
Seuls 4 % surviennent en dehors des locaux.
Ce constat doit nous amener à repenser :
-> les conditions d’accueil du public
-> les moyens humains disponibles
-> les aménagements matériels nécessaires pour garantir la sécurité et la sérénité des agents
Certaines directions plus touchées que d’autres, notamment l’ENFiP
Certaines directions, notamment les plus grandes, présentent des niveaux de signalements préoccupants.
L’ENFiP se distingue particulièrement, la majeure partie des signalements internes impliquant des stagiaires. Toutefois faute de détail précis, il reste difficile d'analyser ce chiffres.
Des délais de traitement bien longs
Autre point critique : les délais de traitement des incidents.
· 54 jours en moyenne pour un incident interne
· 35 jours pour un incident externe.
Au 31 décembre 2025, seuls 55 % des signalements internes étaient clôturés.
Autrement dit, la moitié des situations restent en suspens, sans réponse claire ni protection effective pour les agents concernés.
C’est inacceptable. Nous demandons un traitement plus rapide des signalements internes.
Un ressenti très fort : les agents ne déclarent pas des broutilles
Le ressenti exprimé par les agents est particulièrement élevé : 56 % des signalements sont notés 4 ou 5 sur 5.
Cela montre que les faits déclarés sont graves, marquants, et ont un impact réel sur la santé et la sécurité des agents.
Des outils, oui… mais sans moyens humains, cela ne suffit pas
L’administration met en avant les nouveaux modules, les guides, les relances automatiques.
Très bien.
Mais les outils ne remplaceront jamais :
-> les moyens humains
-> la prévention réelle
-> la formation
-> la présence managériale
-> une politique claire et ferme de protection des agents
Les 11 signalements transmis à Qualisocial pour discrimination ou harcèlement montrent que des situations très graves existent bel et bien et nécessitent des réponses fortes, rapides et adaptées.
Notre position : protéger les agents, maintenant
Les chiffres 2025 dressent un constat sans ambiguïté :
-> les agents sont en souffrance
-> les violences augmentent
-> les dispositifs actuels sont insuffisants
Nos priorités sont claires :
-> Renforcer la prévention,
-> Améliorer les conditions de travail,
-> Garantir une protection réelle et rapide,
-> Écouter enfin ce que les agents expriment depuis des années.
Nous continuerons à porter ces revendications avec détermination. La protection des agents n’est pas négociable.