Crédits de la FSR inutilisés : l’immobilisme devient une faute !

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Alors que les risques psychosociaux (RPS) s’aggravent, ne pas utiliser les crédits dédiés en formation spécialisée de réseau (FSR) relève d’une faute de prévention. Entre certaines organisations syndicales installées dans une posture de blocage systématique, refusant de desserrer les cordons de la bourse et une administration qui pourrait parfaitement passer outre un refus de vote mais préfère ne rien faire, les agents se retrouvent une nouvelle fois les grands perdants. Résultat : 770 000 € sont restés inutilisés en 2024 et 2025. Dit autrement, seul 15 % du budget de la FSR a été dépensé en 2024 et … aucune dépense n’a été faite en 2025. L’immobilisme est total. Pour l’alliance CFDT-CFTC – qui a voté en faveur d’un plan d’action avec des mesures concrètes à destination des agents de la DGFIP - il est temps que la prévention redevienne une priorité. 

Lors de la FSR du 12 mars dernier, l’alliance CFDT-CFTC a exprimé une nouvelle fois son profond malaise face à la gestion des crédits SSCT et, plus largement, face au fonctionnement de la FSR. 

Oui, le budget de la FSR  2025 a été communiqué tardivement. 
Oui, le budget de la FSR 2026 a suivi la même trajectoire. 

Mais, pour notre alliance, cela ne peut servir systématiquement d’excuse à l’inaction chronique. 

Les agents n’ont pas à subir, année après année, l’inertie du système. 
Les membres de la FSR doivent être capables d’agilité, de réactivité, d’adaptation. 

Or le constat est désarmant.  Même lorsque les crédits sont disponibles, ils ne sont tout simplement pas utilisés pour améliorer les conditions de travail des agents. Et contrairement à ce que l’administration voudrait laisser croire, le budget SSCT n’a jamais eu vocation à être absorbé par l’étude d’impact de l’ IA sur les conditions de travail. Etude qui tourne en rond et dont une organisation s’est retirée après 3 années de travail. 
Dans un contexte où les risques professionnels augmentent, où les restructurations s’enchaînent et où les tensions sur les collectifs de travail sont tangibles, ne pas utiliser les crédits dédiés à la santé et la sécurité est une faute de pilotage. 

Les besoins, eux, sont bien identifiés : amélioration des conditions de travail, prévention des risques, accompagnement des transformations et prise en charge des situations individuelles sensibles. 

Les agents attendent des actions, pas des bilans d’immobilisme. 

L’alliance CFDT-CFTC demande une vraie planification d’engagement des crédits, un calendrier précis et un pilotage sérieux. 

Un point, enfin, demeure inacceptable : lorsque nous avons proposé de financer une expertise externe indépendante sur le traitement des suicides à la DGFiP, notre demande n’a pas été entendue. Cette question n’est ni secondaire, ni accessoire. Elle touche directement à la prévention des risques psychosociaux les plus graves. Elle touche à la capacité de l’administration à connaître, comprendre et prévenir les situations où des agents vont au bout d’une souffrance extrême. 

Refuser d’examiner cette proposition, alors même que des crédits existent, est un signal déplorable. 
Nous le redisons avec force : la transparence, l’analyse indépendante et le devoir de prévention ne sont pas négociables. 

D’année en année, nous dressons le même constat : la formation spécialisée de réseau ne joue pas pleinement son rôle. Elle devrait être un lieu d’anticipation, un lieu d’alerte, un lieu de contrôle, un lieu de propositions et d’actions concrètes. Mais trop souvent, elle devient un espace où l’on constate les retards, où l’on justifie l’injustifiable, où les décisions structurantes ne sont pas prises et où la parole de notre alliance n’est pas entendue ! 

Ce fonctionnement ne peut plus durer. La CFDT-CFTC exige que la formation spécialisée redevienne un véritable organe de prévention, doté de moyens qu’il engage vraiment, de transparence et d’un pilotage responsable. 

Il est urgent de

  • cesser de pénaliser les agents à cause des retards budgétaires ; 
  • mettre fin à l’immobilisme qui empêche l’utilisation des crédits destinés à la santé et aux conditions de travail ; 
  • agir sur les sujets graves, notamment les suicides et tentatives de suicide, avec des expertises indépendantes

La prévention des risques professionnels n’est pas optionnelle. Elle est une obligation. Et nous veillerons à ce qu’elle soit enfin prise au sérieux. 

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