Sous le SMIC : ce que nos fiches de paie disent du mépris

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Le 1er juin, le SMIC a été porté à 1 867 € bruts par mois, soit +2,41 %. 

C'est la loi, c'est automatique, et c'est normal : un salaire plancher doit suivre les prix.

Côté fonction publique ? Silence radio. Pas un point d'indice, pas une grille revalorisée. Rien. 

Ce que ça veut dire, concrètement, dans nos services

Derrière les indices et les échelons, il y a des collègues. L'agent d'accueil qui encaisse la colère des usagers au guichet des finances publiques. La douanière qui se lève à 4 heures pour une vacation de surveillance. L'enquêtrice CCRF qui sillonne le département pour protéger les consommateurs. Le gestionnaire de l'INSEE ou de la centrale qui fait tourner la machine sans jamais être vu.

Tous ont passé un concours. Tous servent l'État. Et, au 1er juin, une partie d'entre est rémunéré sous le SMIC.

La règle est simple et brutale : tout échelon dont l'indice majoré est inférieur à 380 correspond désormais à un traitement brut inférieur au SMIC. Comme les grilles sont les mêmes dans toutes nos administrations, personne n'y échappe.

On ne parle plus de quelques situations marginales en tout début de carrière. On parle de pans entiers de nos grilles que le SMIC recouvre, année après année, un nivellement par le bas qui met à mal nos vies quotidiennes.

 

Catégorie C : les 10 premiers échelons du 1er grade, les 7 premiers du 2e grade et les 3 premiers du 3e grade sont engloutis 

Catégorie B : celle des contrôleurs, des secrétaires administratifs, des géomètres, les 5 premiers échelons du 1er grade et les 2 premiers du grade supérieur passent eux aussi sous la ligne de flottaison.

Catégorie A : les stagiaires débutent désormais aussi sous la ligne rouge

 

Des primes en guise de rattrapage

« Avec vos primes, vous êtes au-dessus du SMIC ! » 

Voilà la réponse toute faite de l'administration. Elle est exacte mais à côté du sujet. Rémunérer sous le SMIC est illégal, et seul le traitement indiciaire compte dans ce calcul. Le gouvernement le sait parfaitement. Choisir une indemnité différentielle qui comble l'écart, mois après mois, est un coup bas porté aux agents.

Une absurdité chiffrée

  • 1 448,74 € nets par mois C'est ce que touche un agent à l'indice 366

  • -0,55€ A l'indice 367: 55 centimes de moins

  • -2,19 € A l'indice 370 : 2,19 € de moins

Plus votre indice progresse, moins vous gagnez !

Explication

L'indemnité différentielle n'est pas soumise à retenue pour pension, alors que le traitement indiciaire, oui. Avancer d'échelon augmente donc votre cotisation… sans augmenter l'indemnité qui vous ramène au SMIC. 

Résultat : votre ancienneté vous coûte de l'argent.

Une carrière qui rapporte des centimes en moins : il fallait y penser. 

Nous, on appelle ça du mépris budgétairement assisté.

Ce que la CFDT Finances exige

  • L'indexation du point d'indice et des primes sur l'inflation

    Pour que nos rémunérations cessent de décrocher chaque année.

  • L'attribution de points d'indice aux grades les moins élevés

    Pour sortir durablement les bas de grille de la zone de submersion

  • La création d'échelons supplémentaires en fin de carrière

    Pour redonner de l'horizon à ceux qui plafonnent.

  • Une hausse des indices de début de carrière

    120 % du SMIC en catégorie C, 140 % du SMIC en catégorie B, 160 % du SMIC en catégorie A

Ne restez pas seul

La CFDT Finances négocie, chiffre, obtient et chaque adhésion renforce notre poids face à l'administration.

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