Santé mentale au travail : passons à l’action !
Chaque jour, les agents des MEF subissent des tensions croissantes au travail. Incivilités, restructurations, intensification du travail pour les équipes et les encadrants, dysfonctionnements réguliers des applicatifs, introduction à bas bruit de l’intelligence artificielle dans les métiers, empiètement de la vie professionnelle sur la vie .personnelle. Ces sujets sont régulièrement dénoncés par la CFDT. Ils dégradent les conditions de travail et peuvent altérer la santé physique et mentale.
Le travail, facteur de santé et d’épanouissement le plan d’action de la CFDT
Pour la CFDT, le travail est certes un moyen de gagner sa vie. Mais, il doit être surtout un facteur de santé, de sens, de pouvoir d’agir, de réalisation personnelle et d’inclusion.
Bien que la santé mentale soit une grande cause nationale en 2025 et 2026, la CFDT note qu’aucune initiative ou mesure n’est prise dans les ministères économiques et financiers.
Bref, personne n’a envie d’y aller !
Sauf la CFDT ! Dans ce contexte, la CFDT Finances propose un plan d’action en cinq axes concrets pour :
- Transformer nos conditions de travail,
- Lutter contre le désengagement,
- Et préserver la santé mentale des agents.
Repérer les signes d’une dégradation de la santé mentale au travail
Les difficultés de santé mentale ne se voient pas toujours, mais des signes peuvent apparaître et s’installer. Les identifier tôt permet d’en parler, d’alerter et d’agir sur l’organisation du travail avant que la situation ne s’aggrave.
- Sur le plan émotionnel : irritabilité inhabituelle, anxiété, tristesse, perte d’envie, sentiment de débordement, larmes fréquentes.
- Sur le plan cognitif : difficultés de concentration, trous de mémoire, impression de « brouillard », baisse de la capacité à décider, rumination permanente du travail.
- Sur le plan physique : fatigue persistante (même après repos), troubles du sommeil, maux de tête, douleurs musculaires, troubles digestifs, palpitations.
- Dans les comportements : isolement, repli, addiction ou mésusage de tabac/alcool/et autres substances, nervosité, évitement de certaines tâches/situations, conflits plus fréquents.
- Au travail : baisse de qualité ou de rythme, erreurs inhabituelles, perte de sens, désengagement, absentéisme (ou présentéisme), difficulté à « décrocher » en dehors des horaires de travail.

Signaux d’alerte
Si ces signes durent, s’intensifient, ou s’accompagnent d’idées noires, il ne faut pas rester seul. Parlez-en à un collègue de confiance, à un représentant du personnel, à votre encadrement (si c’est possible), au médecin du travail, à l’assistant(e) de prévention, à l’assistant(e) de service social.
La responsabilité en matière de santé ne doit pas peser sur les encadrants, ni reposer sur la prise en charge individuelle de l’agent.
« L’EMPLOYEUR PREND LES MESURES NÉCESSAIRES POUR ASSURER LA SÉCURITÉ ET PROTÉGER LA SANTÉ PHYSIQUE ET MENTALE DES TRAVAILLEURS. » Article L.4121-1 du Code du travail.
Pour accompagner les collectifs, la CFDT a obtenu qu’une formation aux premiers secours en santé mentale (PSSM) soit proposée aux agents. L’idée est d’apprendre à repérer les signes d’une détresse psychique, à réagir avec bienveillance et à orienter vers les bons interlocuteurs.
Formation PSSM (premiers secours en santé mentale) – UROPS (union prévention santé pour la fonction publique)
Urops, en partenariat avec PSSM France, propose une formation de 2 jours pour outiller les agents publics face aux enjeux de santé mentale au travail. Ce programme, enseigne à repérer les signes de dépression, troubles anxieux, psychotiques ou liés aux substances, et à agir efficacement en cas de crise (suicide, panique, traumatisme, etc.).
Objectif
Briser les tabous, favoriser un environnement bienveillant et proactif. Chaque participant reçoit une certification après évaluation. Une démarche essentielle pour renforcer la prévention et le soutien entre collègues.
Charge de travail et pression temporelle : redonnons de l’air aux équipes !
Alors que les agents restent profondément attachés au service public, ils se retrouvent pourtant submergés par des reportings envahissants, des délais contraints — parfois irréalistes — et une surcharge de travail croissante. Le stress s’installe, le mal-être augmente et peut conduire à commettre l’irréparable. Comme à la DGFiP, qui depuis 2025 fait face à une vague de suicides inédite, ne s’expliquant pas par la seule vulnérabilité personnelle des agents. Il est urgent de redonner du sens au travail.
| Risques psychosociaux aux MEF (2024) | 26% |
| DGFIP | 27% |
| DOUANE | 21% |
| INSEE | 47% |
| ADMINISTRATION CENTRALE | 38% |
| CCRF et SCL | 24% |
Nos propositions :
- Distinguer réunions d’équipe et réunions de travail pour recentrer l’opérationnel et faire vivre des espaces de dialogue réguliers sur l’organisation du travail
- Renforcer le collectif : entraide, intégration des nouveaux, accompagnement des agents.
- Créer un environnement de confiance où chacun peut exprimer librement ses difficultés Plus d’autonomie dans l’organisation pour redonner du sens au travail
- Impliquer les agents dans l’organisation de leur travail
Répartition des situations d’expositions aux RPS
| Surcharge et/ou complexité du travail, délais contraints, conciliation vie pro et perso difficile | 33% |
| Contact avec la détresse sociale, risque d’agressions verbales ou physiques, violences sexistes ou sexuelles, peur au travail... | 24% |
| Isolement au travail, sentiment d’inutilité, absence de soutien, absence de reconnaissance, conflit au travail, manque de coopération, difficulté ou absence de pilotage | 19% |
| Manque d'autonomie ou de marges de manœuvre... | 6% |
| Conflit de valeurs/Sentiment de qualité empêchée... | 9% |
| Insécurité de l'emploi et du travail (condition d’emploi, parcours professionnel, précarité du poste) | 9% |
Stop à la violence institutionnelle des reformes permanentes !
Restructurations incessantes, reconnues comme telles ou cachées, annonces floues, règles RH opaques, dialogue social défaillant…
Les agents voient où leur administration veut les emmener, mais ils ne savent pas où ils vont !
Nos exigences :
- Un dialogue social loyal en amont des réformes et des restructurations
- De la transparence dans les décisions
- Un accompagnement réel (formation, logement, aide à la parentalité, mobilité et emploi du conjoint)
Une meilleure prise en compte de la vie personnelle et des individualités
Les nouvelles technologies et le télétravail modifient en profondeur l’organisation du travail et brouillent les frontières entre vie pro et vie perso. Les risques sont grands de devoir être joignable en permanence tout comme de voir réduit l’accès au télétravail. Le lieu de travail doit aussi être inclusif et prendre en compte l’agent dans tous ses aspects (médical, handicap, parentalité, aidants etc.)
Nos demandes :
- Un accord télétravail à la DGFIP, comme dans les autres directions, intégrant le droit à la déconnexion. Un document unique et opposable, pas une multitude de chartes locales moins favorables que l’accord ministériel.
- Respect des jours de télétravail habituels même en cas d’absence de l’agent
- Sortir de l’urgence permanente : prioriser, planifier, adapter la charge de travail
- Concilier le temps de travail de l’agent avec celui du collectif de travail (horaires variables, départ anticipés, pas de réunions tardives…)
Face aux agressions prévention et soutien immédiat !
Les incivilités et agressions verbales envers les agents se multiplient. Pourtant, les réponses restent trop souvent limitées à l’après-coup : dépôts de plainte, soutien psychologique, protection fonctionnelle… Mais où est la prévention ?
Nos revendications :
- Une organisation des accueils repensée pour désamorcer les tensions.
- Une analyse systématique des causes d’altercation pour améliorer l’organisation et l’environnement de travail
- Une tolérance zéro affichée et appliquée : sanctions claires pour les usagers violents par campagne d’affichage. Un soutien de la hiérarchie pendant l’agression, et pas seulement après.
Ensemble, faisons bouger les lignes !
Quand le travail fait mal et dégrade la santé mentale au travail, les agents ne doivent pas porter seuls la responsabilité de ces conséquences.
Les solutions existent : prévention, lutte contre les addictions, dialogue, autonomie, transparence, équilibre vie pro/vie perso. La CFDT Finances porte ces revendications avec détermination. Rejoignez-nous pour les faire entendre et agir dès aujourd’hui !
NE RESTEZ PAS SEULS. ADHÉREZ À LA CFDT