Télétravail : faut-il craindre la suppression de l’allocation forfaitaire ?

  • Télétravail
  • Conditions de vie au travail

Dans un rapport publié le 24 juillet dernier, l’inspection générale des Finances propose de supprimer l’allocation forfaitaire de télétravail allouée aux agents de la fonction publique au motif que le TT est une demande, donc un choix, des agents publics. La CFDT Finances publiques conteste cette analyse.

Face à la nécessité de maintenir le fonctionnement de l’État pendant le confinement, le télétravail - revendication de la CFDT - s’est imposé comme une solution essentielle à la continuité du service public. Les agents de la DGFIP ont rapidement plébiscité cette nouvelle organisation du travail et ont pour nombre d’entre eux continué d'en bénéficier après 2020.

 

Le télétravail à la DGFIP

Extrait du Rapport social unique 2024

Au 31 décembre 2024, la DGFiP compte 58 512 agents exerçant leurs fonctions dans le cadre du télétravail.

Une allocation forfaitaire pour couvrir les coûts liés au télétravail

Portée et négociée par la CFDT Fonction publique, une allocation forfaitaire a été octroyée aux télétravailleurs agents publics pour couvrir différents frais induits.

lire aussi : Enquête sur les frais liés au télétravail à la DGFIP : la CFDT porte la voix des agents à tous les niveaux. 

Un rapport récent de l’IGF vient remettre en cause le versement de cette allocation au motif que le télétravail ne serait plus imposé par l'employeur mais choisi par les agents publics. Aussi le rapport préconise de ne circonscrire le versement de l’allocation qu’aux seules situations de télétravail imposées.

Rapport IGF (juillet 2026)

Proposition n°11 du rapport

Une révision du périmètre de l’indemnité télétravail dans les cas où le télétravail relève d’une demande de l’agent

Pour la CFDT Finances publiques, si le télétravail repose nécessairement sur une démarche volontaire de l’agent, l’assimiler à un choix de pure convenance est une sérieuse méconception de cette nouvelle organisation du travail et de l'évolution des modes de vie.

La demande de télétravail répond le plus souvent à des contraintes concrètes :

  • Éloignement domicile - travail et temps de trajet qui se sont accrus avec la disparition de nombreux services de proximité
  • Nécessité de préserver un équilibre de vie
  • Réduction des surfaces des bureaux et flex-office
  • Inadaptation des bureaux aux fortes chaleurs
  • Besoin de travailler dans un environnement plus propice à la concentration
  • Difficultés ponctuelles au sein du collectif de travail
  • Problèmes de santé

 

Par ailleurs, bien organisé et combiné à une démarche globale de développement durable, le télétravail est un levier efficace des politiques d'écoresponsabilité, grâce notamment à la réduction des déplacements et de la consommation énergétique. Se priver de ce levier en limitant l’octroi de l’allocation forfaitaire de télétravail, c’est réorienter à la hausse le bilan carbone des administrations. 

lire aussi : Transition environnementale à la DGFiP : la CFDT dit oui à l'ambition, non aux conditions de travail dégradées | CFDT)

Alors non, le télétravail n'est pas qu'un choix de l'agent, il répond aussi à des contraintes. 

De surcroît, en 2026, la possibilité à télétravailler est un facteur d’attractivité non négligeable pour notre administration. Rogner les 253 euros annuels maximum du forfait télétravail ne peut qu’agir défavorablement sur ce dernier point.

La CFDT Finances publiques qui a toujours défendu le télétravail comme une organisation du travail moderne et attractive s’oppose à la suppression de l’allocation forfaitaire de télétravail.

 

Ces articles peuvent également vous intéresser

  • Cyberattaque : la CFDT Finances Publiques demande à la DGFiP d'ouvrir le chantier Linux

    Lire l'article
  • Cyberattaque à la DGFiP : l’urgence n’est plus de constater, mais d’investir

    Lire l'article
  • Cyberattaque à la DGFIP: faire face, protéger et tirer les enseignements

    Lire l'article