Drame du Japon : un débat démocratique doit s'ouvrir sur l'avenir du nucléaire !

Publié le 12/05/2011 à 00H00
La CFDT et la Confédération européenne des syndicats demandent un débat démocratique et s'inquiètent de la libéralisation du marché de l'électricité.

Drame du Japon : un débat démocratique doit s'ouvrir sur l'avenir du nucléaire !
Drame du Japon : un débat démocratique doit s'ouvrir sur l'avenir du nucléaire !
La CFDT et la Confédération européenne des syndicats demandent un débat démocratique et s'inquiètent de la libéralisation du marché de l'électricité.

Face au drame qui se déroule au Japon, la Confédération européenne des syndicats (CES) et la CFDT tiennent, avant tout, à exprimer leur soutien au peuple japonais et aux travailleurs du secteur de l’énergie qui sont en première ligne dans les centrales nucléaires.

Pour la CFDT, suite aux graves atteintes au fonctionnement des réacteurs de la centrale nucléaire de Fukushima consécutives au séisme qui a frappé le Japon, un large débat de société sur le nucléaire civil doit être engagé.

Si le drame qui se profile au Japon rappelle brutalement que l’absence totale de risque n’existe pas, il est indispensable de rappeler que « devant la gravité de la situation, la démagogie et les amalgames ne sont pas acceptables. L’esprit de responsabilité doit prévaloir ». C’est pourquoi la CFDT demande « un large débat de société. Celui-ci devra porter sur l’ensemble de la filière nucléaire, notamment la sûreté des centrales, leur démantèlement en fin de vie et la gestion des déchets, ainsi que sur l’état du parc nucléaire français. » Ce débat doit porter notamment sur « la prise en compte du risque, ainsi que sur sa prévention et son encadrement. ». Il est de plus indispensable que les populations soient « tenues informées en toute transparence des choix effectués, des risques encourus et des réponses à apporter ».

Pour la CES, la gravité de la situation doit imposer à l’Europe d’en tirer les conséquences et de veiller là garantir et renforcer la sureté de son parc nucléaire en toutes circonstances, notamment dans des situations d’urgence.

C’est pourquoi la CES estime essentiel que des audits et des tests de résistance et de sécurité soient menés dans les plus brefs délais sur toutes les installations nucléaires en Europe, et que les conditions soient rassemblées pour garantir une totale transparence sur les résultats de ces tests et audits ainsi qu’un débat démocratique.

La CES s’inquiète du fait que l’organisation du travail dans la filière du nucléaire passe aujourd’hui en Europe par la sous-traitance massive avec des formations pas toujours adéquates et des expositions dangereuses pour les travailleurs concernés, et vraisemblablement à terme une perte de contrôle de la fiabilité dans les processus critiques. Il est nécessaire de garantir au plus vite une véritable gestion sociale cohérente de l’emploi dans cette filière.

La CES estime urgent d’avoir un débat sur les conditions d’exploitation actuelles et à venir des centrales nucléaires, notamment en lien avec la libéralisation du marché de l’électricité qui peut s’avérer incompatible avec les exigences de sécurité et avec les risques propres au nucléaire, car cette technologie exige une forte transparence, une régulation très stricte, des conditions sociales optimales, toutes conditions dont on peut craindre qu’elles ne soient pas rencontrées aujourd’hui dans le cadre du libre marché.