Au secours, Le Monde essaie de comprendre la retenue à la source !

Publié le 23/05/2015 à 18H46
Dans un article du Monde intitulé "Prélèvement à la source : Terra Nova décrète l'urgence" Caroline Monnot et Thomas Wieder montrent à quel point les tenants de cette idée sont guidés par un pur phantasme : celui selon selon lequel l'administration fiscale française est à la traîne.

"(…) alors que la quasi totalité des grands pays ont basculé vers ce système depuis longtemps, la France reste le seul, avec la Suisse et Singapour, à recourir aux déclarations de revenu pour collecter l'impôt correspondant."

Passons sur l'emphase consistant à qualifier de "grands pays" la France, la Suisse et, n'ayons peur de rien, Singapour. La vraie question est que la retenue à la source n'est qu'une modalité de paiement et non, comme semblent le croire les auteurs, une manière de calculer l'impôt. Au risque de les décevoir, il faut souligner qu'aucun des courants politiques favorables à la retenue à la source n'a proposé de supprimer la déclaration. Avec la retenue à la source une part approximative de l'impôt est prélevée sur les salaires mais le montant définitif n'est calculé qu'avec la déclaration qui permet de personnaliser l'impôt (enfants, charges diverses,..).

Nos urgentistes ont, par ailleurs, une conscience sociale qui les empêche d'accuser les personnels de l'administration fiscale de refuser la retenue à la source par simple corporatisme. Non s'ils le font ce n'est que pour limiter "la pression productiviste". Cette analyse ne repose sur aucune réalité. Les organisations syndicales de ce secteur, en particulier la CFDT Finances, n'ont jamais affirmé que la retenue à la source allait accroître, en dehors de la période de transition, la charge de travail. La CFDT Finances a simplement observé que la charge de la collecte allait être transférée, sans doute à l'employeur.

Alors que faut-il faire ? Sur ce point la CFDT Finances rejoint une option décelée par Le Monde et Terra Nova : "laisser la charge du recouvrement à l'administration fiscale par prélèvement sur le compte bancaire du contribuable". Ce système existe déjà pour les ¾ des contribuables, il s'appelle non la retenue à la source mais le paiement mensualisé.