Alim’confiance : des smileys trompeurs

Publié le 05/04/2017 à 12H09
Communiqué de presse du 5 avril 2017

En application de la loi d’Avenir pour l’agriculture, le Ministère de l’agriculture a généralisé, à compter du 3 avril 2017, le dispositif Alim’confiance.

Dorénavant, chacun peut accéder sur Internet aux résultats des inspections et des contrôles officiels réalisés en matière de sécurité sanitaire des aliments tout au long de la chaîne alimentaire et de connaître ainsi le niveau d’hygiène des établissements (Date de l’intervention et évaluation : A corriger, à améliorer, satisfaisant, très satisfaisant). Un affichage en vitrine est optionnel.

L’idée semble séduisante mais c’est méconnaître les contrôles de la Répression des fraudes (DGCCRF) que d’imaginer les seules vertus d’un tel dispositif. L’hygiène n’est qu’un volet d’un contrôle qui s’attache également aux aspects qualitatifs (conformité des intitulés) et économiques (prix).

Si l’hygiène est importante en alimentation, la qualité l’est également. Des lasagnes au cheval peuvent être produites dans de bonnes conditions hygiéniques. Le consommateur peut-il s’en satisfaire ? N’est-ce pas l’induire en erreur que d’accorder dans ce cas une appréciation positive ?

La  CFDT DGCCRF et sa fédération des Finances constatent que ce dispositif va à l’encontre d'une bonne information des consommateurs :

  • Tout d’abord, faute d’agents disponibles pour effectuer ces vérifications, Alim’confiance va créer une distorsion de concurrence immédiate entre les professionnels contrôlés ou non, et cela dès la première publication du résultat d’un contrôle. En effet, seul le niveau « très satisfaisant » est rassurant pour le client, il donne un avantage concurrentiel. Les professionnels vont exiger une intervention voire une seconde visite pour atteindre ce niveau et attirer la clientèle.
  • Ensuite, les constats réalisés sont une photographie au moment du contrôle : donner une évaluation pour l’année dans ce contexte revient à donner un blanc-seing pour un établissement dont le personnel et les méthodes  de travail peuvent évoluer.
  • Enfin, le dispositif donne une indication sur le seul respect de l’hygiène. En aucun cas cela  signifie que les produits commercialisés sont de qualité ou conformes aux mentions promotionnelles (ex : frais, fait maison, origine géographique…). La confusion sera facile pour le consommateur et il y a fort à parier que certains professionnels sauront en tirer parti.

Compte tenu du faible nombre d’enquêteurs dont cette administration dispose, la CFDT Finances et la CFDT DGCCRF demandent la suspension de ce dispositif. La pression est déjà forte pour nos collègues et Alim’ confiance ne va faire que l’accentuer et détourner les enquêteurs de la recherche de fraudes de grande ampleur.

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